Roman amour aventure

roman aventure
Broadway, 1860

ROMAN AMOUR AVENTURE


Sans hésitation, L’alibi, de Gabrielle Dubois peut être classé dans la page : roman d’amour et d’aventure !

Les premières lignes, du chapitre 1, La lumière des réverbères :

« Elle se mit à chanter entre chien et loup, avant que la nuit ne tombe, alors que les allumeurs de réverbères ouvraient les vannes de gaz ; et les lampadaires, les uns après les autres, fidèles sentinelles de la ville, éclairaient la nuit noire de Paris. Toute l’après-midi, elle avait marché sans s’arrêter, sûre d’elle, confiante en l’avenir, souriant aux passantes, aux épiciers, aux immeubles, aux boutiquiers et même aux platanes dont les feuilles dorées finissaient de tomber. (...)

Cet après-midi-là, le ciel était gris et bas, et l’air humide et frais ; un temps idéal pour une longue marche et la jeune fille légère, du haut de ses quinze ans, sautillait sans toucher terre.
Mais quand le soleil disparut derrière les hauts immeubles de Paris et que la pénombre annonça trop tôt la venue de la nuit, son assurance s’évanouit aussi vite que les commerçants qui fermaient les panneaux de bois de leurs échoppes, laissant les trottoirs aux ombres noires de cette nuit d’octobre 1865.

D’après les plans qu’elle avait étudiés pendant un mois en cachette dans le bureau de son père et qu’elle avait imprimés par cœur dans sa tête, il lui restait encore deux pâtés d’immeubles avant de parvenir chez sa tante. Elle avait franchi la Seine par le pont de la Tournelle, elle touchait au but : au bout de la rue des Deux Ponts, elle tournerait à droite sur le quai d’Anjou et serait enfin arrivée à destination, au cœur de Paris, au commencement de sa vie. La jeune fille hâta le pas, mais sans trop et, pour ne pas attirer l’attention sur elle, elle régla son allure sur ce qu’elle s’imaginait être celle d’une personne qui ferait quotidiennement ce trajet pour rentrer chez elle. Elle ne baissa pas la tête, pour marquer son assurance, mais seulement les yeux, afin de ne croiser aucun regard et ainsi, de ne pas trahir son inquiétude et son inexpérience... »